Léo Dupire: Les Frères musulmans ont-ils infiltré les institutions canadiennes?
À nos risques et périls, Ottawa minimise l’influence des réseaux islamistes radicaux actifs au Canada.

Léo Dupire est président du Québec FIER.
De nombreux citoyens sont de plus en plus préoccupés par la montée de l'islam radical. Comme nous l'avons constaté à travers le monde, cette idéologie meurtrière représente une menace existentielle pour les droits et la sécurité des populations du monde entier. Malheureusement, chaque fois que quelqu'un ose soulever cette question publiquement, le réflexe des élites progressistes et frileuses est presque toujours le même : étouffer le débat et dénigrer les critiques.
C’est exactement ce qui s’est produit récemment lorsque j’ai interrogé le chef du Parti québécois et possible futur premier ministre du Québec, Paul Saint-Pierre Plamondon, ou PSPP, au sujet de l’influence grandissante de l’islamisme au Québec et au Canada.
Dans sa réponse, PSPP a évoqué l’influence des Frères musulmans et de leur idéologie (aussi appelée le « frérisme »), et a affirmé que le gouvernement fédéral refusait de prendre la question au sérieux parce que cela fait partie de son « agenda ».
Il n’en fallait pas plus pour que le Parti libéral du Canada et une partie de la gauche médiatique qualifient immédiatement PSPP de « complotiste ».
Pourtant, plusieurs faits méritent d’être examinés sérieusement.
D’abord, les Frères musulmans ne sont pas une invention de l’extrême droite ni un fantasme né dans le cerveau malade d’Alex Jones. Il s’agit d’une organisation islamiste fondée en Égypte au début du XXe siècle, dont l’objectif est l’islamisation progressive du monde par l’entrisme, le militantisme politique, le lobbying et, parfois, des actions violentes.
Leurs liens avec la mouvance djihadiste sont avérés, et cette confrérie est considérée comme une organisation terroriste par plusieurs acteurs majeurs. On peut citer l’Autriche, les États-Unis, l’Argentine ou encore l’Égypte. L’Assemblée nationale française a également adopté une motion en ce sens cette année.
Dans plusieurs pays occidentaux, leur influence fait déjà l’objet d’inquiétudes importantes.
Toujours en France, un rapport gouvernemental et des enquêtes journalistiques ont documenté plusieurs stratégies d’infiltration liées aux Frères musulmans et à d’autres groupes islamistes. Une anthropologue et chercheuse française, Florence Bergeaud-Blackler, a même écrit un best-seller international sur le sujet, intitulé Le Frérisme et ses réseaux : l’enquête. Femme courageuse et déterminée, elle poursuit son travail intellectuel, même si elle doit maintenant vivre sous protection policière constante.
En Belgique, des élus ont réclamé une enquête sur l’influence d’organisations proches du frérisme dans certaines institutions publiques.
Aux États-Unis, plusieurs experts en sécurité nationale surveillent depuis longtemps les réseaux idéologiques associés aux Frères musulmans.
Mais au Canada, et particulièrement dans les provinces anglophones, le sujet semble presque tabou, à quelques rares exceptions près.
Ce n’est guère étonnant. Dès qu’un citoyen, un journaliste ou un politicien soulève des inquiétudes liées à l’islam politique, il risque aussitôt d’être mis au ban médiatique.
Pourtant, chez nous aussi, certains éléments soulèvent de sérieuses questions.
L’Association musulmane du Canada, mieux connue sous son appellation anglaise Muslim Association of Canada (MAC), l’une des plus importantes organisations islamiques au pays, reconnaît elle-même sur son site web l’influence intellectuelle d’Hassan al-Banna, le fondateur des Frères musulmans. Ce n’est pas une théorie. C’est public.
De plus, comme le révélait la semaine dernière la journaliste d’investigation Melanie Bennet, de Juno News, une récente conférence jeunesse de la MAC a mis en avant Hassan al-Banna comme modèle d’« activisme islamique et de transformation sociale ».
Global News a également rapporté qu’IRFAN-Canada, un organisme interdit pour financement lié au Hamas, a reçu des centaines de milliers de dollars provenant de la MAC. La Presse a même révélé qu’une école de la MAC à Montréal a été administrée par un islamiste tunisien impliqué dans des « attentats à la bombe, des incendies criminels, des jets d’acide au visage de citoyens et des projets d’assassinats politiques » !
Précisons au passage que le Hamas est considéré comme la branche palestinienne des Frères musulmans.
Dans n’importe quel pays normal, de telles révélations déclencheraient au minimum une enquête publique et un débat national.
Mais au Canada, le gouvernement fédéral continue plutôt de verser des millions de dollars à la MAC chaque année, sous prétexte de promouvoir la diversité, le multiculturalisme ou la « lutte contre l’islamophobie ».
Détail révélateur : Mark Carney lui-même a participé à un événement organisé par la MAC il y a quelques mois. C’est lors de cette allocution controversée qu’il a déclaré que « les valeurs musulmanes sont les valeurs canadiennes ».
Mark Carney dit que « les valeurs islamiques sont les valeurs canadiennes »
La MAC n’est pas le seul tentacule apparent du mouvement frériste au Canada. Une autre organisation musulmane majeure, le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), ferait également partie de cette nébuleuse. Comme l’écrivait en 2022 le regretté historien et chroniqueur Frédéric Bastien, « un spécialiste des Frères musulmans, Lorenzo Vidino, a expliqué devant un comité parlementaire que le CNMC fait partie de cette mouvance islamiste. Celle-ci prône l’application de la charia dans le cadre de la dictature. La danse doit être interdite, les livres censurés, le tout sous l’égide d’une police des mœurs. Les fréristes veulent aussi une scolarité distincte pour les filles et les garçons. »
Comble de l’ironie, malgré cette vision très rétrograde des relations hommes-femmes, Femmes et Égalité des genres Canada subventionne directement cet organism.
Il faut aussi rappeler que l’ancienne directrice des communications du CNMC, Amira Elghawaby, a été nommée « représentante spéciale du Canada chargée de la lutte contre l’islamophobie », un poste créé par les libéraux de Trudeau. Même si ce poste a depuis été aboli par Carney, Elghawaby siège toujours au « Conseil consultatif sur les droits, l’égalité et l’inclusion ». Elle reste une figure très controversée, accusée d’avoir, entre autres, dénigré les Québécois, les Juifs et les policiers.
En outre, TVA Nouvelles a révélé qu’un troisième lobby islamique actif sur le territoire national, le Forum musulman canadien (FMC), serait lié au mouvement frériste. Le FMC gère l’école musulmane Le Savoir à Pierrefonds. Cette dernière est financée par le Koweït, un pays régi par la charia, dont le gouvernement, réputé proche des Frères musulmans, emprisonne les homosexuels et exige que les femmes obtiennent l’autorisation d’un « tuteur masculin » pour se marier.
Signe évident de l’influence de ce groupe, Pablo Rodriguez, alors leader du gouvernement libéral à la Chambre des communes, a pris le temps de tourner une vidéo pour féliciter le FMC lors de son banquet annuel en 2021.
Cet exposé n’a pas la prétention d’être exhaustif. Mais ces quelques exemples connus d’infiltration frériste dans nos institutions doivent soulever une question importante : pourquoi les élites canadiennes minimisent-elles systématiquement les inquiétudes liées à l’islam politique ?
Une partie de la réponse se trouve probablement dans l’idéologie multiculturaliste qui domine Ottawa depuis des décennies. Dans cette vision du monde, toute critique d’un mouvement islamiste risque d’être interprétée comme une attaque contre une minorité religieuse ou culturelle. Résultat : plusieurs préfèrent détourner le regard plutôt que de risquer des accusations d’intolérance.
Il existe aussi une dimension électorale impossible à ignorer.
L’immigration massive transforme rapidement la démographie canadienne, particulièrement dans les grands centres urbains. Certains partis savent très bien que plusieurs communautés immigrantes représentent désormais des bassins électoraux stratégiques. Dans ce contexte, remettre en question certaines organisations influentes devient politiquement risqué.
Le problème, c’est que cette complaisance pourrait avoir des conséquences très graves à long terme. Tous ceux qui tiennent aux libertés et aux valeurs civilisationnelles de l’Occident devraient prendre la situation au sérieux.
Les politiciens canadiens doivent être capables de faire la distinction entre la liberté de religion, qui doit évidemment être protégée, et les mouvements totalitaires qui cherchent à influencer les institutions, les lois et la culture du pays pour s’imposer.
Refuser d’aborder cette question par peur des accusations de racisme ou d’islamophobie ne protège pas la démocratie. Au contraire, cela l’affaiblit en empêchant un débat public sain et nécessaire, et en permettant à un groupuscule profondément antidémocratique de prendre racine chez nous.
Les citoyens méritent de connaître toute la vérité sur les réseaux islamistes actifs au pays, leurs sources de financement, leurs liens politiques et leur influence réelle dans nos institutions.
Et surtout, ils méritent un gouvernement qui prenne cette question au sérieux.
Léo Dupire est président du collectif nationaliste Québec FIER.



