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Étienne-Alexandre Beauregard: La guerre culturelle qui fracture la génération Z

Plus de la moitié des élèves des écoles publiques de Montréal sont des immigrants de première ou de deuxième génération, et nombre d'entre eux rejettent avec véhémence l'identité québécoise.

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Without Diminishment Editor and Étienne-A. Beauregard
Aug 11, 2026
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Depuis l’élection fédérale de 2025, la question générationnelle est au cœur de la politique canadienne. Pour la première fois, les jeunes ont davantage appuyé le Parti conservateur que leurs aînés, une tendance insoupçonnée alors qu’il est devenu coutume de caractériser les générations montantes comme les plus progressistes. Pourtant, une différence de priorités, de vision du monde et de tempérament devient de plus en plus visible politiquement et socialement, et elle n’est pas le propre du Canada.

Il va de soi que le contexte de socialisation politique varie grandement d’une génération à l’autre, selon les réalités que l’on côtoie dans les années formatrices de l’adolescence. Alors que l’on constate que le rapport à l’enjeu migratoire divise aussi les générations, souvent à l’intérieur même des partis de droite, ce facteur y est sans doute pour beaucoup.

Quiconque est né dans les années 2000 a indubitablement un rapport à la diversité foncièrement différent de celui des baby boomers, qui représentent la génération la plus culturellement homogène dans la plupart des pays occidentaux. Ils ont grandi à une époque de forte natalité et de basse migration internationale, alors que la génération Z vit exactement le contraire. Dans des lieux de socialisation comme l’école, cela produit naturellement des relations interculturelles qui, en quelques décennies seulement, sont absolument méconnaissables.

Ironiquement, celui qui a le mieux décrit le phénomène est lui-même un boomer : Jean-François Lisée, ex-chef du Parti québécois, maintenant chroniqueur au Devoir. Dans un texte qui a eu l’effet d’une bombe en 2024, intitulé Identité anti-québécoise, il résumait les témoignages de nombreux enseignants de la région montréalaise lui exprimant, avec désarroi, le mépris dont faisait l’objet l’identité québécoise dans leur classe.

Le portrait que brosse Lisée est aussi déprimant qu’inquiétant : on y lit qu’une majorité d’élèves issus de l’immigration refusent de s’identifier à la nation québécoise, et tournent en dérision l’idée qu’ils seraient eux-mêmes québécois. Les « Kebs », car c’est à cette appellation que sont réduits les élèves de la majorité historique francophones, sont décrits comme des gens qui « n’ont pas de culture », « pas de valeurs » et dont les « femmes sont en fait des traînées ». Le documentaire Garçons, un film de genre, de Manuel Foglia, présentait en images le même phénomène, lorsqu’un groupe d’élèves de la Gaspésie visite une école multiethnique de Montréal. Les filles, en particulier, sont choquées d’être reçues avec des insultes, comme « plotte gaspésienne » ou « esti de blanche ».

On devine aisément que la génération de Lisée n’a pas vécu d’expérience similaire lors de son propre passage à l’école secondaire. Cela tombe sous le sens. La démographie était bien différente, alors que l’on compte désormais plus de 50% d’élèves immigrants de première ou de deuxième génération, issus principalement de cultures non-occidentales, dans les écoles publiques de Montréal. Ce phénomène de minorisation des « Kebs », couplé à un discours public qui encourage le ressentiment à l’endroit de la civilisation occidentale et de ses valeurs, puisqu’on ne les décrit plus comme un héritage riche à partager mais comme une source d’oppression, produit des résultats prévisibles.

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